Résumé
Introduction : Le cancer du sein constitue un enjeu majeur de santé publique en République Démocratique du Congo, où les retards diagnostiques, l’accès limité aux soins spécialisés et les contraintes organisationnelles du système de santé persistent. Dans ce contexte, l’évaluation des compétences des prestataires de soins apparaît essentielle pour améliorer le diagnostic précoce et la qualité de la prise en charge.
Méthodes : Une approche quantitative de type transversal à visée analytique a été adoptée auprès de 60 prestataires de soins exerçant à l’Hôpital Général de Référence de Makiso à Kisangani. Les informations ont été recueillies au moyen d’un questionnaire structuré de type KAP, puis traitées sous le logiciel SPSS à partir de statistiques descriptives et des analyses bivariées (χ²) et multivariées (régression logistique) avec un seuil de significativité fixé à p<0,05.
Résultats : Les connaissances étaient majoritairement intermédiaires (46,7%), avec des lacunes marquées en diagnostic complet (11,7%). Les attitudes étaient globalement défavorables (58,3%), malgré une reconnaissance du dépistage (70%). Les pratiques restaient limitées, notamment en diagnostic (30%) et en suivi (33,3%). La formation en oncologie était significativement associée aux attitudes (p=0,04 ; OR=2,10).
Conclusion : Le profil KAP demeure insuffisant, révélant un déficit de compétences opérationnelles. Le renforcement des capacités par des formations continues ciblées, associées à des protocoles standardisés, apparaît indispensable pour améliorer la qualité du diagnostic et de la prise en charge du cancer du sein.
