Résumé
Dans la ville de Kikwit, en République Démocratique du Congo, la pulpe du fruit de Raphia sese De Wild est largement utilisée dans l’alimentation, la médecine traditionnelle et les pratiques rituelles. Toutefois, les fondements socioculturels et le vécu expérientiel associés à ces usages demeurent peu documentés. Cette étude vise à analyser les représentations sociales, le vécu expérientiel et les logiques de justification des usages de Raphia sese De Wild afin de mieux comprendre les mécanismes socioculturels qui expliquent leur persistance en milieu urbain. Une approche qualitative reposant sur des entretiens semi-directifs menés auprès d’acteurs communautaires a été adoptée, et les données recueillies ont été soumises à une analyse thématique de contenu. Les résultats montrent que les participants perçoivent la pulpe du fruit de R. sese De Wild comme un alicament associant des fonctions nutritionnelles, thérapeutiques et symboliques. Elle est notamment utilisée dans la prise en charge du diabète, de l’hypertension, des maladies infantiles et de certaines maladies infectieuses. Les connaissances relatives à ces usages se transmettent principalement de manière intergénérationnelle, à travers l’expérience vécue et les témoignages au sein de la communauté. Les répondants se montrent favorables à une validation scientifique de ces pratiques, tout en soulignant l’importance de préserver les savoirs traditionnels. Ces résultats mettent en évidence que la pulpe du fruit de Raphia sese De Wild constitue une ressource sanitaire à forte valeur anthropologique et médicale, dont la valorisation scientifique gagnerait à s’inscrire dans une démarche interdisciplinaire respectueuse des savoirs locaux.
